Cigarette électronique : un marché pas en si mauvais état que ça !

Cigarette électronique : un marché pas en si mauvais état que ça !

Grande tendance de 2013, la cigarette électronique connaitrait-elle une baisse de régime ? Si certains annoncent la fin de cette alternative en se basant sur une timidité du marché depuis septembre dernier, d’autres affirment surfer encore pleinement sur le phénomène. Quel est donc l’état de ce marché qui, en moins de deux ans, a beaucoup fait parler de lui ? Grâce à l’avis du responsable du site e-commerce CigaMania.com, nous dressons un état des lieux du marché.

Un constat : des ventes plus faibles depuis quelques mois

La plupart des professionnels de la cigarette électronique s’accordent sur ce point : depuis la rentrée de septembre, le marché de l’e-cigarette en France se veut plus calme qu’avant l’été. Difficile à expliquer, ce ralentissement de l’activité s’est accompagné d’une hausse des ventes de cigarettes par rapport à août 2014 et de +5,4% par rapport à septembre 2013 (selon le tableau de bord mensuel sur le tabac réalisé en septembre dernier par l’OFDT – Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies), malgré une baisse générale des ventes de tabac estimée à 10% sur 2014.

Toutefois, est-ce là la preuve d’un marché en déliquescence ?

Les buralistes vendent moins de cigarettes électroniques

« On ne vend plus rien ! » a déclaré un buraliste de Côte-d’Or interrogé par le site Bienpublic.com, semblant ainsi confirmer la baisse d’intérêt des fumeurs dans cette alternative électronique. Selon des statistiques là aussi proposées par l’OFDT, en avril dernier, 21% des vapoteurs achetaient leur matériel chez des buralistes, contre 58% dans des boutiques spécialisées et seulement 9% sur internet.

Les déclarations des buralistes doivent cependant être comparées à celles de certains revendeurs de cigarettes électroniques, qui, eux, ne se plaignent pas : « En un an, j’ai ouvert six boutiques dans la région. À Auxonne, j’ai de nouveaux clients tous les jours. Pour moi, on est encore dans le boom » se plaisait ainsi à raconter un propriétaire de boutique d’e-cigarettes au même site que précédemment. Serait-il alors possible que le problème ne soit pas observé sous le bon angle ?

Un marché arrivé à maturité

Chaque marché possède une durée de vie découpée en plusieurs grandes étapes. Ce principe économie bien connu distingue ainsi les phases suivantes dans le cycle de vie d’un marché : le lancement, la croissance (souvent courte et intense), la maturité (plus longue) et le déclin.

Après plus d’une année de très forte croissance, il semble donc que le marché de la cigarette électronique entre dans sa plus durable, mais plus calme, phase de maturité. Cette maturité s’exprime par des produits plus aboutis, après la multitude de modèles et de marques apparus dans la phase précédente, et également par un taux d’équipement des vapoteurs plus important. Le marché se concentre alors plus sur des consommables que des modèles d’e-cigarettes à part entière, comme il s’en est énormément vendu en 2013.

cycle de vie d'un marche

Après une forte croissance, le marché de la cigarette électronique débute sa période de maturité.

Parallèlement à cela, le marché s’expertise : les vapoteurs qui découvraient l’e-cigarette l’année dernière la connaissent aujourd’hui parfaitement, et recherchent donc du matériel de meilleure qualité, plus spécifique, répondant à des exigences particulières. Les modèles d’entrée de gamme pas bien vaillants mais vendus à des petits prix ont ainsi la vie dure, ce qui explique également pourquoi les buralistes constatent un recul des ventes, car ils vendaient principalement des modèles très basiques. Un constat tout aussi valable chez les revendeurs spécialisés, où les boutiques limitées à des modèles très « grand public » voient les clients se faire plus discrets.

Enfin, la maturité du marché s’accompagne très probablement d’une évolution des comportements. Alertes sur les différents modèles, le fonctionnement de la cigarette électronique et les nombreuses marques existantes, les vapoteurs préfèrent peut-être désormais se tourner vers le web où ils peuvent profiter de prix plus attractifs pour des produits similaires. Les sites d’e-cigarettes comme CigaMania.com, Le Petit Vapoteur ou Taklope proposent ainsi des modèles jusqu’à 30% moins chers qu’en boutique : une liberté que peuvent s’autoriser les e-boutiques, car profitant de charges plus faibles qu’un magasin physique.

Cela n’aurait donc rien d’étonnant à ce que les statistiques sur le comportement d’achat des vapoteurs aient évolué, donnant alors plus de poids au web au détriment des buralistes et autres revendeurs.

Un sursaut d’activité et des nouveautés

Plutôt qu’un ralentissement, le marché de la cigarette électronique connaît surtout une évolution des habitudes d’achat de ses consommateurs. Car, en cette fin d’année, le marché connait un regain d’activité (certes en partie lié aux fêtes et les cadeaux qui vont avec) et les fabricants n’ont pas cessé de proposer des nouveautés. Interrogé sur le sujet, le site de vente de en ligne CigaMania.com affirme avoir ajouté depuis septembre 2014 plus de 150 références, et précise avoir étendu son offre à un public supplémentaire de connaisseurs avec des modèles plus évolués : « Les marques proposent aujourd’hui des modèles plus développés pour répondre à une demande plus spécialisées. Il est clair que les vapoteurs sont de plus en plus connaisseurs ».

modele emow de kanger

L’eMow est l’un des derniers modèles proposés par la marque KangerTech

Les études toxicologiques : seule menace pour l’e-cigarette ?

Alors que le marché semble finalement s’installer de manière pérenne, le principal risque pour celui-ci reste les études scientifiques menées sur le sujet, qui pourrait révéler une nocivité plus ou moins forte. Pour l’instant, avec plus de 100 recherches menées dans différents pays, la communauté scientifique tient la conclusion d’une nocivité bien inférieure à la cigarette classique : « Fumer, c’est prendre l’autoroute à sens inverse. Vapoter, c’est rouler à 140 au lieu de 130 km/h » avait ainsi déclaré le Professeur Bertrand Dautzenberg, défenseur de la vape, pour illustrer les risques de l’e-cigarette comparés à ceux du tabac et des 4000 composants toxiques d’une cigarette.

Finalement, le marché de la cigarette électronique ne semble pas en si mauvaise posture que cela (la dernière étude menée au Japon sur la nocivité de la cigarette électronique étant démentie par de nombreux experts comme le docteur Farsalinos), d’autant que le gouvernement français ne considère pas la réglementation de cette alternative comme une priorité. La cigarette électronique sera donc interdite dans certains lieux publics et il sera bientôt impossible d’en faire la publicité, mais le marché ne devrait pas être bridé outre-mesure, pour le plus grand bonheur des vapoteurs.

4 avis sur “Cigarette électronique : un marché pas en si mauvais état que ça !”

  1. cigarette electronique
    03/12/14 at 18 h 01 min #

    En effet, le secteur a connu une telle évolution exponentielle pendant plusieurs années que les chiffes ne pouvaient que baisser un jour ou l’autre pour se tasser un peu. C’est le sort de tous les domaines innovants mais cela ne veut pas dire que la baisse va continuer et que la cigarette électronique va disparaître. On va juste atteindre des moyennes plus raisonnables et plus stables dans la durée.

  2. BrokenArrow
    03/12/14 at 19 h 53 min #

    Sans doute une analyse économique pertinente.

    Si la question « Les études toxicologiques : seule menace pour l’e-cigarette ? », est également très pertinente, en revanche, à mon humble avis, l’argumentaire et la conclusion proposés sont très loin de refléter la vérité :

    Le Pr Dautzenberg n’est certainement pas un défenseur de la Vape. Son discours est à double tranchant, et le tranchant le mieux affûté est destiné à décapiter la Vape. La citation « Fumer, c’est prendre l’autoroute à sens inverse. Vapoter, c’est rouler à 140 au lieu de 130 km/h » en est un bon exemple : drôle et sympathique, mais un vrai défenseur de la Vape aurait dit que « vapoter, c’est rouler en bon père de famille ». La tournure de sa phrase suggère que vapoter, c’est aussi enfreindre les règles, les bonnes pratiques, et donc avoir un comportement incorrect vis-à-vis de la morale.

    Monsieur Dautzenberg est également vice-président de l’association ENSP, regroupant notamment les plus féroces et actives associations anti-vape : OFT, DNF, LCC, ACT (qui par ailleurs se sont regroupées en France dans les mêmes locaux)…
    L’ENSP est à l’origine d’un document destiné à aider les gouvernements européens à transposer la Directive Européenne contre les Produits du Tabac (DPT), directive qui, à travers son article 20, SIGNE l’ARRÊT DE MORT de la Vape telle que nous la connaissons aujourd’hui, AU PROFIT EXCLUSIF des géants des industries du tabac et pharmaceutique. Ces deux industries sont les seules économiquement en mesure de proposer des produits conformes à la DPT.

    Monsieur Dautzenberg est aussi favorable, comme l’OFT et les associations membres de l’ENSP, à l’interdiction de vapoter dans les lieux publics, à l’interdiction de vente aux mineurs et de la publicité.
    Trois mesures parmi les plus contre-productives dans la lutte contre le tabac selon les vrais experts comme les Dr Presles, Dr Dupagne, Dr Farsalinos, Pr Etter, et scientifiques comme Jaqcques Le Houezec et bien d’autres.
    Mr Dautzenberg contribue activement à la promotion de ces mesures, et utilise son auto-proclamation d’expert de la vape pour verrouiller toutes les instances décisionnelles remontant vers le gouvernement…

    Je vous laisse juges du fait qu’il soit un défenseur de la vape ou pas !

    Quant au marché, actuellement détenu en très grande majorité par une petite industrie et un commerce indépendants, son avenir est particulièrement sombre :
    Qu’adviendra-t-il des boutiques spécialisées lorsque n’existeront plus sur le marché que des produits standardisés conformes à la DPT, vendus soit par les buralistes approvisionnés par les géants du tabac, soit par les pharmacies approvisionnées par l’industrie pharmaceutique, et dénués de tout intérêt dans l’optique d’une sortie du tabagisme ?
    A qui achèteront-ils leur produits (car ne nous leurrons pas, les fabricants indépendants n’ont pas les moyens de produire des articles conformes à la DPT) ?

    Enfin, existera-t-il encore des consommateurs ?
    – Interdiction de vente aux mineurs
    – Interdiction de publicité
    – Interdiction d’utilisation en lieux publics
    – Application de l’article 20 de la DPT
    – (fiscalité future)
    Si j’étais encore fumeur, je me poserais sérieusement la question de l’intérêt de la cigarette électronique…

    On peut d’ailleurs remarquer dès maintenant un essoufflement du marché de la vape, parallèlement à une remontée des ventes de tabac, et la poursuite de l’effondrement des ventes de substituts pharmaceutiques inefficaces.
    En Grande Bretagne, c’est la politique inverse qui est menée, et les ventes de tabac s’écroulent.
    Cherchez l’erreur…

    La menace ne vient donc pas des études toxicologiques, mais des intérêts des industries concurrentes de la vape, activement soutenues par les agissements et le lobbying des associations anti-vape-tabac telles que l’ENSP, l’OFT, DNF, ACT et compagnie, complètement empêtrées dans les conflits d’intérêts.

    Le seul intérêt des vapoteurs, c’est leur Santé, celle de leurs proches et d’une façon générale celle des fumeurs prisonniers du tabac dont un sur deux mourra prématurément.
    Alors ils se battent, afin d’éviter que l’on continue de perpétuer le génocide tabagique au nom de l’idéologie hygiéniste ou des intérêts de l’industrie.

    Si vous êtes arrivés jusque là, félicitations, et mes excuses pour avoir monopolisé votre temps et votre attention.

    Un vapoteur en colère.

  3. Manu06
    03/12/14 at 20 h 59 min #

    le plus grand bonheur des vapoteurs ? pour quelques mois seulement……les études scientifiques aléatoires comme celle menée au Japon,ou du moins sa lecture par la presse,peuvent être très facilement oubliées par le nombres d’études démontrant la très faible nocivité du vaping voir une nocivité encore a prouver car les principaux détracteurs ont beau chercher…………la directive européenne des produits du tabac une fois appliquée a la vape alors que cette dernière n’en contient pas, représente une menace ,et pas des moindres,car une fois en application il ne sera plus question de pérenniser un marché,il n’y aura plus de marché,ou du moins,ce qu’il en restera sera récupéré et rangé au placard par l’industrie du tabac bien contente de retrouver l’ensemble de ses clients ! pour une directive censée lutter contre le tabac,il est a noter qu’elle détruira uniquement la seule alternative capable d’en finir avec le tabac……

  4. Angers
    09/12/14 at 15 h 55 min #

    Bonjour effectivement, la tendance est à la stagnation.
    La démultiplication des points de ventes, avec des gens plus ou moins compétents et ayant la connaissance des produits vendus … jouent en la défaveur du marché.
    Le prix et les marges auront la le fin mot de l’histoire, mais internet ne fait pas tout. Pour entrer dans la ecig, il faut de bons conseils, et un materiel fiable, ou un magasin de proximité pour l’éventuelle SAV.
    il y a du nettoyage au niveau des magasins, internet est une des raisons, mais c’est surtout le conseil qui fait la différence …
    A suivre donc … et surtout un grand merci pour ce tour d’horizon du marché.
    Xavier

Donnez votre avis